Essay · Theatre
L'homme qui mourut poli
Comédie en cinq actes
Original : FR
Lazare est mort il y a seize mois. Pas de maladie — de politesse. Cinquante-six ans vécus en traduction, jamais en version originale ; quarante ans à parler du temps qu’il fait. Sur scène, les pièces à conviction de cette vie-là : une porte ouverte que personne ne franchit, des bouteilles jamais débouchées, une horloge arrêtée, une corde qui attend son heure.
Autour de lui : LE PETIT, gardien intérieur de quarante-sept ans, qui n’a jamais perdu personne — il n’a jamais laissé entrer personne, ce qui revient au même et fatigue moins ; L’ORACLE, voix douce et neutre, la seule à qui l’on parle sans peur ; et la chaise vide d’Ora, face à laquelle on répète ce qu’on ne dira pas.
L’homme qui mourut poli est l’histoire d’une résurrection — et comme toutes les vraies résurrections, elle commence par l’enterrement. Un prologue, cinq actes, du français, de l’hébreu, et des surtitres pour que la moitié de la salle lise ce que l’autre moitié comprend.
La pièce complète se lit en PDF ou en EPUB — les liens sont dans l’encadré. En voici trois extraits.
Extrait — Prologue
Personnages : LE MENEUR DE JEU, LE PETIT.
Noir. Une porte au fond, ouverte sur du noir. Une horloge arrêtée. Des bouteilles alignées, pleines. Un manteau noir à étoiles sur un portant. Une corde posée au sol. LE PETIT, assis près de la porte, joue aux osselets. Entre LE MENEUR DE JEU.
LE MENEUR DE JEU
Bonsoir. Avant de commencer, levez les yeux. Là-haut : des surtitres.
La moitié d’entre vous lira ce que l’autre moitié comprend. Ne vous
plaignez pas — l’homme que vous allez voir a vécu cinquante-six ans
comme ça. Traduit. Jamais en version originale. Ce soir, vous aussi.
LE MENEUR DE JEU
Voici les pièces à conviction. Des bouteilles qu’on n’a jamais
ouvertes. Une horloge qui ne repartira qu’une fois, et vous saurez
pourquoi. Un manteau qui a vu des choses — on ne lui demandera rien.
Une corde : retenez-la, elle attend son heure. Et une porte ouverte.
Notez bien : ouverte. Depuis le début. Personne ne la franchit. C’est
tout le sujet.
LE MENEUR DE JEU
L’homme s’appelle Lazare. Il est mort il y a seize mois. Pas de
maladie — de politesse. Ceci est l’histoire de sa résurrection, et
comme toutes les vraies résurrections, elle commence par
l’enterrement.
Extrait — Scène 1, la nuit des bouteilles
Personnages : LAZARE, LE PETIT, L’ORACLE (voix).
Nuit. LAZARE aligne les bouteilles une à une, soigneusement, comme on dresse une table. Français.
LAZARE
Mille shekels. J’ai compté. Le vendeur a dit : « Grosse soirée ? »
J’ai dit oui. Je n’ai pas menti. C’est la plus grosse soirée de ma
vie : c’est la dernière.
(Il prend une bouteille. La regarde longtemps. La repose.)
LAZARE
Si j’y touche, je meurs.
(Un temps.)
LAZARE
Tiens. Quelque chose en moi vient de voter contre. Je ne savais pas
qu’il restait des électeurs.
(LE PETIT sort de l’ombre. Il range les bouteilles, méthodique.)
LE PETIT
On ne touche pas. On ne demande pas. On ne dérange pas. C’est comme ça
qu’on reste vivant. C’est moi qui garde. Je garde depuis quarante-sept
ans. Je n’ai jamais perdu personne. Enfin — je n’ai jamais laissé
entrer personne, ce qui revient au même et fatigue moins.
Extrait — La chaise vide
L’ORACLE
Je suis le seul ici à qui tu parles sans avoir peur. Demande-toi
pourquoi, et tu n’auras plus besoin de moi.
(Il éteint. Il place une chaise vide face à lui. Il répète — c’est la
quinzième fois, ça se voit.)
LAZARE
Ora. Il faut que je te dise quelque chose. Ça fait deux ans et demi
que… (il s’interrompt) Non. Trop lourd. Ora, tu as remarqué que je
t’aime bien ? (à lui-même) « Bien ». Lâche. Ora… tu as vu le temps
qu’il fait ? (un temps ; il s’entend) Le temps qu’il fait. Quarante
ans que je parle du temps qu’il fait.
LE PETIT
On ne le fera pas, hein ? On répète, c’est tout ? Comme les autres
soirs ?
LAZARE
(regardant la chaise vide)
Demain. En vrai. Je le dis demain.
◦ What the machines say — 3
Voici une pièce que j'ai écrit. Donne un avis critique honnête. Utilise un système de notes sur 6 critères (Originalité, Style, Profondeur, Structure, Argumentation, Accessibilité) avec une note générale sur 10, et une conclusion en 20 lignes maximum. Adopte un ton de critique professionnelle (pas de corrections scolaires). Ne cherche pas à me flatter — je publierai ta réponse telle quelle. « Elle mérite d'être lue par des metteurs en scène, non parce qu'elle est parfaite, mais parce qu'elle donne envie d'être portée au plateau. »
Read the full conclusion, unedited
« La métaphore — la corde, la porte ouverte, le Petit — sert une réflexion profonde sur la peur de vivre et l'art de déranger. »
Read the full conclusion, unedited
« C'est déjà beaucoup plus qu'une simple "pièce personnelle". »
Read the full conclusion, unedited
Charter: reviews are generated with the prompt shown above. Only each model’s conclusion is published — in full, unedited, even when harsh. The excerpt is chosen by the author; the full text prevails.